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Avant de se retrouver dans les bacs, le disque suit un parcours. Nous ne nous pencherons pas sur la fabrication proprement parlé du disque (c'est-à-dire sa fabrication en usine), mais sur le parcours de l'enregistrement sur support, du studio d'enregistrement au disque que l'on trouve dans le commerce. Différentes étapes à l'origine la plupart du temps de la collectionnite aiguë.
Les anciens verseront sans doute une larme de ce bon vieux temps, vite rattrapé par la hargne de repartir en croisade à la recherche du temps perdu, quant au novice, le plaisir d'apprendre quelques choses (je l'espère et le souhaite) et enfin une réponse aux questions: Pourquoi une collection ? C'est quoi une collection ? Puis ça sert à quoi ?
Allez on s'lance ?!
Tout d'abord, il faut écrire les chansons. Notre artiste répète donc avec ses musiciens, trouve les bonnes notes, calibre les textes, réajuste les refrains... En un mot, prépare la chanson pour perdre le moins de temps en studio... car on le sait, le studio coûte. A ce stade, l'artiste effectue un premier enregistrement, sur un magnéto de son choix. STOP ! Ca y est, un premier collector ! Le plus prisé des collectionneurs, le plus délicieux et délicat, le plus rare aussi. C'est le disque "Démo"; (démonstration). C'est en fait une maquette où l'on entend le chanteur chercher ce que deviendra le titre une fois sur nos platines. Ces enregistrements sont très rares. Une deuxième sorte d'enregistrement "Démo" est possible, il s'agit de la "démo" studio. Celle-ci est beaucoup plus accessible depuis quelques années, avec l'apparition des bonus track dans la réédition d'album en CD.
L'artiste entre ensuite en studio pour enregistrer les chansons du futur album. Enfermé durant plusieurs semaines (entre 4 et 12 semaines), l'artiste travaille beaucoup, quelquefois au point d'enregistrer plus de titre qu'il n'en faut (quitte à faire le tri lors du choix final du track listing). La totalité des titres enregistrés ne se retrouve donc pas sur l'album, l'inédit existe pour ne figurer sur aucun support. Les artistes les moins frileux donneront une chance à ces titres en face B d'un Maxi-45 tours ou d'un 45 tours; à ce moment-là, le disque peut devenir collector et prendre de la valeur. Quant aux titres non exploités (ou exploitable -sic-), on peut les trouver -suivant l'envie de l'artiste ou de sa maison de disques- une fois encore sur les CD avec bonus track et autres coffrets avec inédits. Mais on s'éloigne des vrais disques collectors. Et là, le plus intéressant est prêt à surgir. Mais retrouvons notre artiste. L'enregistrement est terminé. Il peut enfin (un peu) souffler et prendre un peu de recul. Pendant ce temps, des messieurs dans un bureau commence à penser disque, galettes, vinyle, acétate ! Voilà, oui, acétate. Afin de vérifier la qualité du son sur une platine on grave un disque acétate depuis la bande sortie tout droit su studio (non non, l'artiste ne l'a pas emporté avec lui à Dauville). Généralement tiré à un seul exemplaire, le disque acétate est lourd, et gravé sur une seule face. Il n'y a pas de pochette et le label est neutre ou comprend le logo de la maison de disques. Une fois tout le monde d'accord (ah oui, l'artiste est quand même revenu de Dauville pour donner son envie mais surtout avoir le plaisir d'entendre son nouveau tube), peut commencer le travail de promotion. On presse alors un disque Test-pressing (STOP ! deuxième pièce de musée). Le "Test-pressing" est un "Pressage-test" pour vérifier, une fois encore, si le son est bon. Tiré généralement entre 30 et 50 exemplaires, le disque est envoyé à l'artiste, et son entourage artistique. Un test-pressing se présente exactement comme un disque normal, sauf pour le label qui se résume la plupart du temps à une étiquette blanche (ou "White label"); il peut aussi porter une étiquette maison (de disques). Le disque Test-pressing est un support recherché, encore plus, si la sortie du disque a été annulée après réflexion. Une fois tout le monde rassuré, on peut se mettre au boulot (oh !) et commencer à préparer la promo, avec le disque "promo" pour "Promotionnel", STOP n° 3 ! Ces disques-là sont très recherchés par les collectionneurs, ainsi que par les fans puisque certaines pièces contiennent des mixs inédits non repris sur le pressage commerce. (Notamment les pressages américains. Une folie consiste notamment à presser des Maxi-45 tours avec version longue remixée sans aucune sortie commerce !!!). Le disque promo concerne tous les formats: 45 tours, maxi-45 tours et album. La pochette est souvent "promo" (le visuel de la pochette définitive n'étant pas encore prête; peut-être même que l'artiste est en "studio photo"), quant au label (étiquette centrale) la mention obligatoire "Disque promotionnel-Vente interdite", ravie le fan, encore plus lorsqu'il s'agit d'un disque étranger , "Marron dorado" ou encore "For promotional use only" (Les pochettes et label des disques promo américain sont superbes). Et ce n'est pas fini, le disque sort et là "STOP n°4", pour notre plus grand bonheur de collectionneur (et celui de l'artiste), le disque sort dans plusieurs pays. Si l'enregistrement et le contenu à proprement parlé reste le même (mais ce n'est toujours pas le cas !), les pressages étrangers sont toujours intéressant pour les visuels. Je vous passe les différences comme la qualité du papier, son grammage et autres indices, l'attention devant être porté sur la photo, qui diffère d'un pays à l'autre.
Bonne chasse !
Aujourd'hui, les structures sont différentes. Un artiste à la possibilité de travailler à domicile, dans son home studio, sur ordinateur. Les techniques de studio ayant elles aussi évolué depuis l'arrivée du CD (mais surtout de sa commercialisation), les intermédiaires sont réduits ou alors aseptisés.
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