| L'interview de Hubert Allin le 03 mars 2006 |
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80's records : Nous sommes le 3 mars, qu’as-tu fait hier ? |
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Hubert Allin : J’ai acheté pas mal de journaux et feuilleté les magazines pour voir comment était célébré le quinzième anniversaire de la mort de Serge Gainsbourg. J’ai notamment acheté le hors-série des “Inrocks” sorti en février avec 3 extraits d’une compilation qui sort le 6 mars avec pour la première fois des reprises de Gainsbourg en anglais. Avec des groupes comme Franz Ferdinand, Placebo, Cat Power, Portishead. C’est vrai aussi que j’ai essayé de ne pas trop penser à cette date du 2 mars, qui me renvoie au 2 mars 1991 et à toutes les émotions que j’ai connues, lorsque j’ai appris la disparition de Serge Gainsbourg, j’avais 17 ans.
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80's records : A 17 ans, comment peut-on être touché par une personnalité comme celle de Serge Gainsbourg ?
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Hubert Allin : Je ne vais pas dire que Gainsbourg représentait le père que j’aurai aimé avoir, car j’ai un père formidable que j’adore... A cette époque Gainsbourg représentait l’homme que j’aurai aimé être. A 17 ans on a tous une icône, adolescent on s’identifie beaucoup. Certains de mes camarades avaient des posters de foot dans leur chambre, moi j’avais en tête Serge Gainsbourg. A la fameuse question “qu’aimerais-tu faire dans la vie, j’aurai pu répondre: Serge Gainsbourg !”. Il représentait tout ce que je voulais être; Gainsbourg représentait le génie musical, un succès incroyable sexuellement parlant, Gainsbourg était une icône médiatique sans oublier le côté rebelle du personnage, fumer en direct à la télévision, brûler des billets de banque à la télévision. J’étais fasciné par cette audace extraordinaire. A cette époque, j’étais loin de la musique. je connaissais Gainsbourg musicalement bien entendu, mais moins qu’aujourd’hui où je connais pratiquement la totalité de ses oeuvres.
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80's records : Tu as publié plusieurs livres avant celui-ci, notamment sur U2 et les Rolling Stone. Appréhendes-tu la sortie de cette biographie sur Gainsbourg de façon différente ?
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Hubert Allin : Oh oui. Je ne vais pas dire que ce livre sur Gainsbourg est LE livre de ma vie, parce que je suis encore jeune, j’ai 33 ans et encore le temps de faire d’autres livres, mais ce livre représente LE livre que j’avais absolument envie de faire. Toute proportion gardée, sans prétention et en toute modestie, cette biographie apporte un regard neuf sur la vie de Gainsbourg. Sur sa vie tout a été dit, décortiqué, raconté, quelquefois très bien raconté, donc il n’y a aucun problème par rapport à ça. J’ai voulu écrire ma sensibilité par rapport à sa musique; ma sensibilité a été le moteur de cet ouvrage. D’ailleurs l’émotion a été omniprésente durant toute l’écriture notamment pour le chapitre sur l’album “Melody Nelson” qui est pour moi l’album référence. J’ai beaucoup eu de mal à détacher mes émotions du texte que j’écrivais. Ce livre est très important pour moi. Je n’avais pas envie de décevoir et c’est vrai qu’à sa sortie, j’ai eu un petit pincement au coeur.
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| 80's records : Tu sembles trimballer ce livre depuis longtemps. L’écriture transporte souvent dans un état second. Comment s’est passé la rédaction de cette biographie ? |
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Hubert Allin : Dans la douleur... en même temps je me suis enfermé dans une bulle. Je t’explique. Lorsque j’ai commencé la rédaction de ce livre, mon appartement était en travaux, c’est-à-dire 3 cloisons par terre, le gros truc quoi. En même temps, j’étais dans ma petite pièce, je me suis isolé, malgré le bruit je travaillais avec mon casque sur les oreilles et la musique de Gainsbourg. Cet état d’isolement pour “cause de travaux” m’a sans doute servi pour l’écriture. Pour moi ce livre était évident, il fallait que je le fasse, que je réalise ce type de projet une fois dans ma vie. Alors maintenant trop tôt ou trop tard j’en sais rien. Mais c’était le moment.
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80's records : Comment écris-tu ? Papier, ordinateur.
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Hubert Allin : Je prends toutes mes notes sur papier au crayon gris puis j’utilise ensuite l’ordinateur... sans oublier la gomme qui va avec le crayon gris !
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80's records : Les chapitres se suivent dans un ordre chronologique sans faille. Par où as-tu commencé ?
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Hubert Allin : J’ai écrit les chapitres dans l’ordre chronologique, et l’introduction écrite en dernier.
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80's records : Y’a-t-il eu des chapitres plus agréables à écrire que d’autres ?
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Hubert Allin : J’ai beaucoup aimé écrire les chapitres “Aux armes et cætera”, puis le chapitre sur la période reggae avec toute cette polémique très active à l’époque et cette façon de se défendre qui ressemble à notre vie de tous les jours, en particulier la mienne. Gainsbourg en 1979 avait de l’avance. Oser mettre en musique reggae “La marseillaise” est une audace absolue, à base de provocation aussi. La mixité est une idée forte, positive, à défendre absolument ici en France. Gainsbourg a commencé...
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80's records : Y’a-t-il une période inconnue du grand public que tu as souhaité mettre en avant ?
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Hubert Allin : La fin des années 50, une époque où il était encore inconnu et où la France était trop endormi pour reconnaître son talent et son génie. Cette période contient de petites perles musicales, je pense à l’album “Gainsbourg percussion” où Gainsbourg semble avoir 10 ans d’avance sur son temps, puisque 10 ans plus tard on va utiliser les mêmes rythmes et les mêmes instruments.
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80's records : Durant toute sa vie et sa carrière, Gainsbourg a vécu dans la souffrance à la recherche d’une reconnaissance permanente. Voulait-il vraiment en sortir ?
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Hubert Allin : Il faudrait 2 heures pour répondre à ta question !!! C’est tout le problème de la vie de Serge Gainsbourg. Au début de sa carrière, il est très peu connu, si ce n’est du cercle parisien très fermé. Sur scène c’est une catastrophe, en tournée en Province avec Jacques Brel notamment, on lui lance des tomates, on l’insulte, on le hurle. Gainsbourg ne comprenait pas ce manque de succès car il se considérait supérieur musicalement. Pour connaître LA notoriété, il a du attendre 1979 avec son premier disque d’Or pour l’album “Aux armes et cætera”. Mais une fois cette reconnaissance obtenue, quoi en faire? A partir de là, Gainsbourg était dans une schizophrénie permanente. Gainsbourg se disait “J’ai la reconnaissance, mais en même temps, ça me gonfle”. La question était “dois-je la garder ou non ?”. A ce moment-là Gainsbourg boit et s’invente un personnage: “Gainsbarre”. Cet état de “dualité” n’a fait qu’empirer. De la part du public il avait plus besoin de reconnaissance que d’amour. Gainsbourg a tellement souffert de ses complexes physiques, tellement souffert de son statut de petit juif immigré russe. Il a du se cacher pendant la guerre, il a failli mourir à l’âge de 10 ans d’une maladie grave. Comme le précise Jane Birkin, Gainsbourg est parti en 1991 alors que le remix “Requiem pour un con” était en tête des ventes en France.
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80's records : Ce besoin de reconnaissance dans la vie de Gainsbourg est permanent et s’est déclaré très souvent. D’après toi, quelle a été la période la plus difficile pour lui ?
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Hubert Allin : (Il réfléchit). Question très difficile ! (Silence). D’après moi, la période la plus difficile est quand il a du commencer à écrire pour les Yé-yé afin de ne pas mourir musicalement. Il est parti d’un constat très simple, ses propos ont été “Je fais 12 chansons pour 12 interprètes différentes, ce sont 12 tubes; je fais 12 chansons pour un album j’en vends pas beaucoup”. Je pense qu’il s’agit-là d’un moment difficile pour lui. “Retourner sa veste doublée de vison” comme il aimait dire !
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80's records : Le personnage Gainsbarre arrive à l’aube des années 80, certainement les années les plus médiatiques et provocatrices de l’artiste, ce personnage était-il nécessaire à la survie médiatique de Gainsbourg ?
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Hubert Allin : Oh oui ! A la survie tout court. Gainsbourg avait peur de la notoriété. Gainsbourg avait besoin de se protéger, c’est pour cela qu’il a créé Gainsbarre, afin d’éviter de se livrer. Il y a beaucoup de pudeur dans cette démarche. Gainsbourg avait besoin de boire avant chaque prestation télévisée, et quand il arrivait sobre certains présentateurs aimaient lui servir quelques verres avant l’émission. A ce moment-là Gainsbarre arrivait. Comme il disait lui-même: “J’ai inventé Gainsbarre, quand Gainsbarre se bourre, Gainsbourg se barre”.
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80's records : Durant les années 80 et 90 Gainsbourg connaît de grands succès et semble heureux dans sa vie familiale et privée. Malgré tout les critiques de certains journalistes et l’insuccès de quelques projets semblent le toucher encore profondément. D’où venait l’orgueil de Gainsbourg ?
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Hubert Allin : Je dirais de son père. C’était une famille très fière. Chez les Ginsburg, à leur arrivée en France, il y avait une envie de réussir et de faire les choses à la perfection. Gainsbourg voulait réussir dans la peinture. Il n’a pas réussi et à finalement tout brûlé. Musicalement, Gainsbourg était persuadé d’avoir atteint la perfection. Comme je l’ai dit tout à l’heure, Gainsbourg était en avance sur son temps. Il ne supportait pas cette non reconnaissance. En 1987 Globe fait un article sur Gainsbourg avec à la une, “Gainsbourg est fini”. Il en a pleuré, il ne comprenait pas cette attaque. Alors maintenant, d’où venait cet orgueil si ce n’est de son père... Gainsbourg doutait terriblement. Il doutait en amour, il doutait de sa musique, c’est pour cela qu’il se remettait en question en permanence et c’est pour cette raison qu’il buvait en permanence, avec la boisson la peur s’estompait.
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80's records : Pour toi, quelle a été la souffrance la plus importante de Gainsbourg ?
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Hubert Allin : Les femmes. Il a terriblement souffert au départ de Bardot. Même si elle n’est pas vraiment partie car c’était une aventure cachée, qui a durée 3 mois, Bardot était mariée de son côté. Mais il y a eu un choc après cette passion extraordinaire. Gainsbourg a aussi souffert de sa séparation d’avec Birkin. Une souffrance aussi en ce qui concerne la notoriété, il a tellement attendu d’être connu qu’il en a souffert !
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80's records : Gainsbourg nous a quitté en 1991, voici 15 ans. Selon toi, quel aurait été son parcours artistique depuis ?
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Hubert Allin : Je n’ai pas envie de l’imaginer par peur de déception. Un peu difficile ce que je dis. Je sais qu’il avait le projet de faire un album autour du jazz. Nous sommes alors en 1991, aujourd’hui un tas d’artistes font des albums aux ambiances Jazzy. Il aurait été en avance sur son temps une fois encore. J’aurai bien aimé avoir cet album ceci dit ! Ma plus grande peur aurait été de le voir un jour en prime à la Star Academy en train de chanter “La javanaise” avec un élève, si tu vois ce que je veux dire. Cette année j’ai vu Stevie Wonder chanter à la Star Ac, c’était terrifiant. Je me suis dit, et si c’était Gainsbourg ?! Madonna a fait la Star Ac, Gainsbourg aurait pu la faire, je suis sûr à 90 % qu’il serait venu.
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80's records : Parmi la jeune génération, vois-tu un successeur au talent de Gainsbourg ?
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Hubert Allin : Pas pour l’instant. Il y a en France, une jeune génération très intéressante. Chez les garçons, Bénabar, Benjamin Biolay, Delerm. Chez les filles, Jeanne Cherhal, Camille etc. Toute cette génération représente les héritiers de Serge Gainsbourg, mais je ne trouve pas chez ces personnes là et beaucoup d’autres le côté “innovation” ou “je suis en avance sur mon temps” qu’avait Gainsbourg.
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80's records : De quoi est composée ta discothèque Gainsbourienne ?
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Hubert Allin : J’ai pratiquement tout en CD et presque tout en vinyle. On vient de m’offrir l’album original “Melody Nelson” que je cherchais depuis très longtemps et que je n’arrivais pas à trouver. J’ai aussi des albums de reprises. En tout cas, de Serge Gainsbourg j’ai quasiment tout. Ca va d’ailleurs jusqu’au DVD.
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80's records : Quelles sont tes époques préférées?
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Hubert Allin : En étant large, les années 60-70 la période pop où il est parti à Londres capter le son britannique, le fameux Swinging London. Londres grouillait de façon extraordinaire. Gainsbourg a été le premier français à s’expatrier à Londres pour travailler; c’est à cette époque qu’il crée pour Brigitte Bardot, qu’il intègre dans ses textes des mots en franglais, il intègre à sa musique les cordes comme le faisait les Beatles à l’époque. Une pèriode que j’aime beaucoup aussi est le début des années 70 avec “L’histoire de Melody Nelson” et fin 70 début 80 avec la période reggae.
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80's records : Si tu devais te séparer de ta collection et ne garder que 3 objets, tous types confondus, CD, DVD, magazines... Quels seraient ces 3 objets ?
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Hubert Allin : Ahhh !!! Tu veux ma fin !!! Sans hésiter le vinyle de Melody Nelson, ensuite le numéro du lundi 4 mars 1991 de Libération qui annonce la mort de Serge Gainsbourg et dans lequel on trouve à l’intérieur de grands extraits de l’interview avec Bayon en 1981, où Gainsbourg met en scène sa propre mort. D’ailleurs pour ce numéro de Libération Gainsbourg partage la Une avec l’actualité de la Guerre du Golfe ! Troisième objet que je garderais serait le numéro de Paris Match, juste après son opération dans lequel il déclare qu’il arrête de boire et de fumer et qu’il va vivre jusqu’à l’an 2000.
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80's records : Nous sommes confortablement installés au 1er étage d’une célèbre brasserie parisienne qui domine les Champs-Elysées. (Hubert Allin allume alors sa première cigarette de l’interview). Nous allons maintenant imaginer qu’un taxi noir arrive puis s’arrête. De ce taxi noir, Gainsbourg descend. Il entre dans le hall de la brasserie et monte les escaliers qui nous sépare du rez de chaussée pour venir s’assoir à notre table. Tu auras ainsi l’occasion de t’adresser directement à lui un instant. Je vais donc te laisser seul, avec lui, en te laissant le soin d’appuyer sur la touche “Stop” du dictaphone lorsque tu estimes cette rencontre terminée. (Je prends mes affaires et quitte la table).
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| Hubert Allin : (Silence). C’est très intimidant. C’est pas la peine de faire de grand discours, et c’est peut-être pas pour rien que je viens d’allumer une cigarette. Je voulais juste te dire Serge, -je ne vais pas te dire Monsieur, je ne vais pas non plus te dire vous- je voulais simplement te dire que tu m’accompagnes tous les jours et encore aujourd’hui et qu’il ne se passe pas une journée sans que j’écoute un titre de toi ou une journée sans que je me mette au piano pour jouer l’un de tes morceaux. Je voulais juste te dire Merci. |
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"Gainsbourg- La biographie" - 256 pages
Sortie: le 1/02/2006
City Editions
Interview réalisée par Patrick Roulph le 03/03/2006.
Mise en ligne le 10/03/2006.
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