Blog de Patrick Roulph
 
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Le 03 mars 2004
Gérard Blanc
 
L'interview de DJ Esteban le 23 juin 2006
 
80's records : La saison 2005-2006 se termine, quel est le bilan ?
 
DJ Esteban : Le bilan est très positif. J’ai eu la chance de commencer différentes collaborations. Une collaboration avec Jeanne Mas et un premier single “Mas alli, mas allà”, le single Esteban et Benie “Je ne veux pas rentrer chez moi seule”, single en pleine promotion sur le net, côté DJ je suis heureux de ma collaboration avec un bar à Paris dans le Marais qui s’appelle “Le palmier”, puis une nouvelle collaboration aussi avec l’équipe de La K-liente, qui font aussi la Finally, en tant que DJ chez Maxim’s. Enfin, la rentrée 2006 est importante car j’annonce la sortie du nouvel album de Désireless sur FGL, album sur lequel nous travaillons depuis 3 ans.
 
 
80's records : Racontes nous ta rencontre avec Jeanne Mas et ce premier single “Mas alli, mas allà”.
 
DJ Esteban : J’ai remixé il y a un an “En rouge et noir” en utilisant l’acapella façon Eric Prydz, j’ai bien déliré dessus, je l’ai également programmé lors de différentes soirées. L’accueil étant bon, j’ai trouvé dommage de ne pas exploiter davantage ce mix, je voulais savoir si un travail avec Jeanne était possible. J’ai donc transmis le mix à Jeanne qui a trouvé mon travail intéressant. Jeanne m’a alors demandé si j’étais intéressé pour travailler avec elle. Nous nous sommes concertés pour savoir si nous allions faire des reprises, des remix de ses anciennes chansons; assez rapidement nous sommes partis sur le choix de produire de nouveaux titres. Je propose à Jeanne des compositions musicales sur lesquelles elle pose un texte et une mélodie vocale, “Mas alli Mas allà” a vu le jour comme ça. Voilà pour ce premier titre réalisé, qui avait une belle forme et que l’on pouvait présenter pour l’été.
 
 
80's records : Quelle est la traduction du titre ?
 
DJ Esteban : “Plus de ci, plus de ça”.
 
 
80's records : Tu écris et tu composes. Quelles conditions te faut-il pour écrire, créer ?
 
DJ Esteban : Il faut que je sois inspiré par la personne. Certaines personnes vont m’inspirer des émotions, des idées. Au départ j’écris pour la personne. J’ai remarqué que j’étais très inspiré par les filles, les artistes féminines ! Un travail commencé pour une artiste peut très bien être redirigé sur une autre artiste si les émotions restent identiques, par exemple un titre que j’ai travaillé pour une chanteuse vient d’atterir dans le nouvel album de Désireless. Ce titre est également interprété par Celie, une jeune artiste, qui a adoré la chanson, le titre est “More love and Good vibrations”.
 
 
80's records : Depuis quand as-tu contracté la passion du mix ?
 
DJ Esteban : Dès le début de mon adolescence. J’écoutais beaucoup la radio, “Voltage FM” orienté funk, mais surtout une radio qui s’appelait “Maxximum”, devenue par la suite “M40” et qui à l’époque était la seule radio à passer de la dance musique toute la journée, à présenter les productions allemandes, italiennes en avant première et les musiques discothèques. A force d’écouter ces chansons, ces musiques, à force d’acheter les compilations, les singles puis les Maxi 45-tours que j’utilisais grâce à une superbe platine disque offerte par mon grand-père, je suis entrée dans le monde du mix. Je me suis alors équipé d’une table de mixage que j’utilisais lors des soirées étudiantes, les gens s’éclataient, on m’appelait pour animer les soirées. C’est donc une passion entière mais une passion avant tout pour la musique “club”, qui dit musique “club” dit “mix”, tu apprends la technique et les techniques, les enchaînements, la façon de gérer une soirée. Dans la “culture dance” tu as le garage, la house, la techno, la trance, l’euro-dance etc. Mes premiers mix étaient d’ailleurs très “Euro dance”. Cette passion je la vis encore aujourd’hui, même si ma programmation actuelle s’oriente 80’s et pop dance.
 
 
80's records : Tu travailles dans différents clubs. Comment se passe ton travail de création ? As-tu carte blanche ou t’impose-t-on une programmation ?
 
DJ Esteban : J’ai carte blanche dans la thématique choisie. C’est-à-dire si on me donne une soirée pour thème “rétro 70-80-90” comme au Raidd Bar, je peux très bien programmer de la variété française, de la dance, de la pop. J’ai carte blanche aux niveaux des titres joués du moment que je garde la “couleur” de la soirée.
 
 
80's records : Travailles-tu avec des vinyles ou des CD ?
 
DJ Esteban : Je travaille principalement avec des vinyles. Je commence à utiliser petit à petit des CD... Ca prend moins de place et c’est moins lourd !!! Mais j’adore le vinyle, le son est superbe.
 
 
80's records : Comment composes-tu un set ? Improvises-tu beaucoup ?
 
DJ Esteban : Au début j’improvisais beaucoup. Mais le public devenant de plus en plus exigeant je suis obligé de m’adapter. A présent, le public est habitué de passer au titre suivant après 2 minutes voir 2 minutes 30 de diffusion. C’est l’effet “pumping”. La difficulté étant d’enchaîner avec un titre chanté, ce qui est mon cas. L’improvisation est alors difficile, voir impossible. Un DJ house fait ce qu’il veut, il arrive avec son bac, il respecte le tempo et enchaîne. Quand tu joues des morceaux chantés et qu’il faut garder le rythme, tu dois connaître par coeur la structure de la chanson, savoir à quel moment se situe le “cut” pour enchaîner proprement, tu dois connaître le tempo car dans la pop-dance tu peux avoir des titres à 110-120 jusqu’à 140 en fin de soirée... Tous ces enchaînements ne s’improvisent pas.
 
 
80's records : Au fil des années, as-tu noté une évolution dans l’attente du public ?
 
DJ Esteban : Oui. Je pense que le public souhaite beaucoup plus d’éclectisme, les gens adhèrent de moins en moins à la notion de “réseau branché”. J’ai comme exemple les soirées “K-liente” avec lesquelles nous avions une image assez parisianiste plutôt élitiste très branchée. Récemment je suis allé jouer des morceaux des années 80 aux années 90 parce qu’il y a une demande. L’âge de ce public là se situait aux alentours de la quarantaine. Ce public a envie de sortir dans de beaux endroits bénéficiant de soirées à grande échelle, et écouter de la musique sympa, un peu kitsch, alors qu’à un étage différent d’autres vont s’éclater sur de la house. Voilà ce que je constate au niveau de Paris. Maintenant il existe une différence entre Paris et la province.
 
 
80's records : D’après toi quels sont les trois atouts majeurs, qu’un DJ doit posséder pour être bon ?
 
DJ Esteban : Le premier atout doit être sa réactivité et l’écoute, si le public réagit mal ou moyennement à la programmation, le DJ doit savoir réadapter son choix. Ensuite, le DJ doit posséder une culture musicale, un DJ doit être capable d’écouter quelqu’un qui lui demande un morceau et savoir ce qu’il peut faire... Enfin, troisième qualité. (Il réfléchit). Allez, qu’il soit souriant ! Certains font la gueule et c’est dommage.
 
 
80's records : Y’a-t-il une concurrence entre DJ ?
 
DJ Esteban : Pour ma part je n’ai jamais eu l’impression de la subir mais il parait qu’il y en a une, oui. Pas plus tard que cet après-midi, j’étais avec mon patron et nous parlions de la programmation de la rentrée, il m’a alors annoncé que certains DJ s’étaient présentés... Je dois prendre la place de certains, je pense. Pour le moment j’ai la chance de ne pas subir de choses désagréables.
 
 
80's records : Quels Djs t’ont influencés ou t’influencent aujourd’hui ?
 
DJ Esteban : Je suis très influencé par les Dj américains et les Dj anglais. Je dois dire qu’avant de jouer des morceaux 80’s, j’ai beaucoup joué de House/Garage. J’adore chez les américains Frankie Knuckles, Junior Vasquez, David Morales, chez les anglais Joey Negro, j’aime aussi chez les allemands, DJ Tonka, qui fait de la Disco/House. J’oubliais Carl Cox ! Quant aux Français j’aime beaucoup ce que fais David Guetta, il a un son très international.
 
 
80's records : Gardes-tu de bons souvenirs de DJ ?
 
DJ Esteban : Je me souviens de Carl Cox au Midem durant une soirée. Je m’étais rendu au Midem pour le travail et pas du tout dans l’espoir de passer une soirée de détente. Carl Cox aux platines un moment magique. Je me souviens aussi de David Morales qui s’est produit durant l’Europride, je me souviens d’une plantade de plusieurs minutes... où il n’y avait plus de son ! Etait-ce de sa faute ou bien était-ce le matériel qui a lâché ? Je me suis dit “le plus grand DJ du moment qui nous fait une plantade durant l’Europride” il peut tout m’arriver à présent”.
 
 
80's records : Tu reçois beaucoup de demande de la part de jeunes qui veulent se lancer dans le métier de la chanson et du Deejing. Quels conseils leurs donnes-tu ?
 
DJ Esteban : C’est arrivé pas plus tard qu’hier. Je leur conseille de faire ce qu’ils aiment et de ne pas copier ce qui existe déjà. Ces jeunes doivent trouver leurs influences, car nous nous construisons tous de nos influences. Je leur conseille d’être patient et de faire preuve de persévérance. Enfin, rester fidèle à ce que l’on est, garder ce que l’on veut afin de ne pas se trahir soi-même.
 
 
80's records : Que penses-tu de la concurrence déloyale, c’est-à-dire les personnes qui font appel à des amateurs DJ pour animer leur soirée ?
 
DJ Esteban : Si tu passes une bonne soirée je ne vois pas où est le problème. C’est bien aussi qu’il y ait des personnes non-professionnelles qui s’amusent, qui vivent leur passion. J’ai dans ma famille quelqu’un qui anime deux à trois fois par mois des soirées de façon tout à fait amateur, il n’est pas du tout DJ professionnel, ce qui ne l’empêche pas de faire ça depuis 20 ans. Du moment qu’il assure son set, qu’il fait ça sincèrement, qu’il prend du plaisir, qu’il donne du bonheur et que tout le monde est content je ne vois pas d’inconvénient.
 
 
80's records : En tant que DJ, as-tu une rêve particulier ?
 
DJ Esteban : On a toujours des rêves, des objectifs, des buts. J’aimerais travailler, collaborer directement avec des artistes étrangers. Si demain Boy George, Geri Halliwell ou bien Kylie Minogue sont séduits par ce que je fais et que nous arrivons à travailler ensemble ce sera super. Remixer des pointures est également un rêve. On a tous en mémoire Mirwais et le travail qu’il a effectué pour Madonna. Ce sont des échelons à franchir, je dois me perfectionner, encore travailler. Le rêve serait aussi de mixer dans des clubs internationaux. Ibiza ce serait rigolo de le faire, Marrakech. Le faire une fois pour connaître.
 
 
80's records : Tu viens de citer quelques artistes dont la carrière a démarré dans les années 80. Justement, quel souvenirs gardes-tu des années 80. Tu étais très jeune !
 
DJ Esteban : J’étais très jeune oui. Mon premier single acheté est “C’est la ouate” de Caroline Loeb en 1986. Je lui ai d’ailleurs dit ! En fait les années 80 par rapport à ce que j’ai vécu se résument à la deuxième partie. Tout ce qui concerne la première partie, j’ai du l’étudier, l’apprendre au travers de mes rencontres, de personnes plus agées. J’ai ainsi découvert les premiers titres de Rose Laurens, d’Agathe du groupe Regrets... Par contre, j’ai vécu toute la deuxième partie qui était beaucoup plus “Pop sucrée”, j’avais 8-9 ans, c’était l’époque de Julie Pietri, Jakie Quartz, Lio, Désireless, Mylène Farmer, Laurent Voulzy aussi. Je regardais davantage la télévision, Michel Drucker, Jean-Pierre Foucault, que je n’écoutais la radio, mise à part les deux radios dont je te parlais en début d’interview et les radios “dance”. C’est au travers de l’image que je reconnais les années 80. Et je vais te surprendre, les clips ne m’intéressaient pas, je préférais les prestations télévisées.
 
 
80's records : As-tu une période préférée des années 80 ?
 
DJ Esteban : Oui, mise à part toute cette partie française dont on vient de parler, à laquelle je pourrais rajouter Indochine, Jeanne Mas, j’adorais les productions Pete Waterman c’est-à-dire Sonia, Kylie Minogue, Rick Astley. C’est très dance, pop-dance encore une fois !
 
 
80's records : Tu possèdes une collection de disques vinyles assez importante. Quel collectionneur de disques es-tu ? Où trouves-tu tes disques ? Privilégies-tu un support, un format ?
 
DJ Esteban : J’ai longtemps privilégié le support Maxi 45-tours, c’est le support de la discothèque, du DJ. C’est avec ce support également que tu t’éclates le plus avec les promos, les remix, les pochettes, les test-pressing, les pressages. Je collectionne donc certains artistes dans tous les formats et les pays qui puissent exister. J’ai comme cela une collection de Black Box assez impressionnante, je pense avoir 80 % de sa discographie en Maxi-vinyle, je dois posséder 60 versions d’un même single, remix et pressages... Je trouve les meilleurs Maxi 45-tours à Londres, à Montréal, Toronto aussi. Aux Etats-Unis il y a de très bonnes boutiques en Floride et en Californie à San Francisco notamment. Je te conseille la boutique Amoeba à San Francisco, Banana Records à Saint-Petersburg qui est une ville de Floride, plus près tu as la chaîne Music and Video Exchange à Londres. Il existe bien sûr d’autres adresses mais j’apprécie celles-ci en particulier. Je me souviens aussi qu’à Copenhague au Danemark il existe de très bons magasins, en Allemagne aussi. Je pense aussi à Barcelone, quoi que plus faible.
 
 
80's records : Et dans les conventions en France ?
 
DJ Esteban : Il n’y a plus grand chose côté 80’s. Tu peux trouver des trucs sympa côté livres ou encore parmi les artistes actuels, mais le catalogue 80’s est assez pauvre.
 
 
80's records : Y’a t-il un disque que tu as honte d’écouter à plusieurs et que tu écoutes seul ?
 
DJ Esteban : (Il réfléchit). Non... Il y a des kitcheries que j’écoute avec mon meilleur ami et je n’aurai pas idée de le faire autrement, mais non. (Esteban attend la question suivante). Tu veux des noms ?
 
 
80's records : Bien sûr !
 
DJ Esteban : Il y a une truc qui m’éclate, c’est Maguen ça s’appelle “Lovely beignets”, c’est un truc dance, assez drôle ! Ca fait (Il chante): “Toute la journée je cours sur la plage pour vendre des beignets, beignets à la banane, beignets à l’ananas, heum, oh oui c’est bon, c’est bon !”.
 
 
80's records : La musique est comme un beau voyage, elle transporte. Je sais que tu aimes voyager. Quel pays, quelle culture t’attirent le plus ?
 
DJ Esteban : J’aime beaucoup les Etats-Unis, la culture anglo-saxonne. Ensuite chacun peut s’exprimer ou réagir sur ce pays. Je vivrais bien aux Etats-Unis avec les personnes que j’aime et qui m’entourent. Certains endroits aux Etats-Unis sont plaisants. Ces endroits-là correspondent à mon état d’esprit, ma façon de voir, de vivre, de faire les choses. Aux Etats-Unis on te donne les moyens de créer, d’avancer, d’être positif. Si certains trouvent que les Etats-Unis sont un peu Disneyland je préfère évoluer dans un Disneyland plutôt que de voir des gens qui font la gueule du matin au soir, qui ne font pas ce qu’ils disent, qui ne savent pas travailler, qui en ont rien à f....., en ce moment c’est un peu ça chez nous.
 
 
80's records : Si tu devais partir sur une île déserte et choisir 3 disques à amener dans tes bagages, quels disques choisirais-tu ?
 
DJ Esteban : Je m’attendais à cette question ! (Rires). Je rêvais aussi que tu me la poses !!! Je choisirais: “Fallait pas commencer” de Lio, c’est un titre que j’adore, je choisirais “Ride on time” de Black Box puis je choisirais le disque que j’ai fais avec mon meilleur ami, la formation s’appelle Andora, le titre est “Dans la salle”.
La pochette de ce Maxi 45 -tours me représente avec mon meilleur ami. Ce disque était pour moi un gros délire et jusqu’à la fin de ma vie ce disque m’accompagnera.
 
 
80's records : Ya-t-il des disques que tu recherches ?
 
DJ Esteban : (Il réfléchit). Non. J’ai déjà une bonne collection de vinyle et j’ai trouvé la majorité des disques que je cherchais. Mes recherches à présent s’orienteraient sur les supports CD de l’époque, les CDmaxi. Je pense notamment au CD-4 titres de Jeanne Mas édité en 1988 avec 3 versions longues plus la version Balavoine de “Coeur en stéréo”. Je sais que ce CD est très rare ! Je pense aussi au CDsingle 5” pressage français de Kylie Minogue “What do I have to do”.
 
 
80's records : Le mot de la fin.
 
DJ Esteban : Je souhaite voir les gens s’éclater sur mes disques. Je souhaite voir les gens prendre plaisir à écouter de la musique, à acheter, à pas trop télécharger illégalement, le téléchargement légal se met en place petit à petit et c’est bien. Le téléchargement pénalise le travail d’un artiste. Je souhaite que les gens aient conscience que le travail d’un artiste représente beaucoup de temps, d’énergie, un investissement personnel important et surtout un investissement financier que nous sommes jamais sûr de rentabiliser. Je terminerai également par le message suivant, je souhaite que les gens prennent conscience des nouveaux talents et qu’au-delà de tout ce qu’on nous présente, il existe de nombreux artistes aux talents multiples, il est bon d’agrandir sa culture musicale. Je souhaite que les gens ne se cantonnent pas à ce que les médias tentent de leur faire bouffer avec dernière des sponsors partenaires sans rapport direct avec la musique. Quand cette technique devient l’unique façon de donner de la musique au public, celà devient malsain. Il faut que les gens aillent chercher leur musique, beaucoup le font déjà, c’est très bien. Je me souviens d’une époque: j’avais des amis punks, qui allaient chercher leurs disques dans des petites boutiques, qui existent encore d’ailleurs, ces disques ne passaient jamais en radio, la seule communication était le fanzine. De nos jours, il existe encore des marchés parallèles. Chaque style, chaque musique, chaque artiste peut ainsi trouver sa voie et vivre de sa passion sans avoir a déprimer devant le refus des majors. La musique est la vie.
 
 
Interview réalisée par Patrick Roulph le 23/06/2006.
Mise en ligne le 30/06/2006.

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